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Vendredi 4 avril 2008

Quelques petits problèmes familiaux viennent s'ajouter à mes problèmes de recherches d'emploi et m'occupent assez en ce moment ; je risque donc d'être un peu moins productive graphiquement ce mois, même si je vais quand même essayer de m'astreindre à dessiner, ne serait-ce que pour me détendre, vu que j'en aurais bien besoin !

Toutefois, même si je ne vous présente pas d'illustrations régulières, je vais vous mettre quelques chapîtres d'une histoire que j'avais commencé à écrire il y a quelques années, au départ, simplement pour servir de scénario à une bd, puis continuée comme un véritable roman sur les conseils d'un ami.
Certains la connaissent déjà.

L'histoire se passe à la fois dans le présent et dans un très lointain passé. Je ne voulais pas m'embêter avec une période historique précise qui m'obligerait à amasser une solide documentation alors j'ai situé une bonne partie de mon histoire dans l'île légendaire de l'Atlantide, un "mythe" qui m'a toujours passionnée.
La trame se déroule sur 5 parties ou "livres", chacun axé sur un personnage : livre 1 : Yann - livre 2 : Orellana - livre 3 : Syrus - livre 4 : Orejona - livre 5 : Bélial.
Titre : les sables de l'éternité
Résumé succint du sujet : les vies antérieures de 2 personnes et leur rencontre programmée dans le présent.





Livre 1 - YANN  


Chapitre  1

 

  

 

            Le long ruban de plage scintillait sous la lune, immense tapis de diamants où l’océan venait se fondre avec la terre jusqu’à l’infini.

Yann regarda autour de lui, cherchant désespérément une présence vivante, humaine ou animale. Mais il n’y avait rien. Rien que la mer et du sable, pas même un palmier, un insecte, une pierre ou une branche morte. Rien. Seulement ce bruit qui emplissait l’air, insistant, métallique, lointain, rythmé… Quel étrange endroit, songea t-il intrigué, ses réflexes de reporter soudain aiguisés par la singularité des lieux. Etrange et pourtant familier. Je connais cette plage, je l’ai déjà vue mais elle était différente alors. Et ce bruit, je connais aussi ce bruit… Il baissa les yeux et les vit : des empreintes sortaient de l’eau et longeaient la grève. Des traces laissées par des pieds fins et nus, les seules traces du passage d’un être vivant dans ce décor minéral et désert. Il décida de les suivre.

 

Il ignorait depuis combien de temps il marchait. Une éternité. Le soleil, boule de feu, se levait sur l’horizon. Ces traces n’en finissaient pas, comme cette plage. Pourtant, il remarqua que le bruit paraissait se rapprocher. Oui, il devenait de plus en plus fort. Pour oublier la fatigue qui commençait à le gagner, il se concentra sur ce bruit, s’efforçant de l’identifier. Un raclement… non, une sorte de tintement, comme des morceaux de métal qui s’entrechoqueraient en cadence. Alors, il les aperçut : des chevilles fines cerclées d’une multitude d’anneaux d’or. Une femme marchait devant lui.

Presque fasciné, Yann suivait du regard le jeu des muscles des mollets qui se contractaient puis se relâchaient à chaque pas, rythmés par le tintement et le scintillement de l’or, les orteils ornés de bagues qui mordaient le sable humide avec une régularité de métronome. Il était si captivé par ces pieds qui bougeaient devant lui qu’il en oublia de surveiller où il posait les siens.  Il ne vit pas la racine contre laquelle il trébucha. Un ultime réflexe lui fit tendre les mains en avant comme il tombait. Il se reçut durement contre les paumes et cracha le sable qui lui était rentré dans la bouche.

           Yann se rappela s’être, une fois déjà, retrouvé dans cette position humiliante, le prélude d’un cauchemar qui avait duré presque deux mois, mais il l’oublia bien vite. Alertée par le bruit de sa chute, la femme s’était arrêtée net. Il vit les pieds délicats pivoter et comprit qu’elle lui faisait maintenant face et l’observait.

           Il se trouvait si près d’elle qu’il respirait son parfum ; un parfum où l’odeur du jasmin se mêlait à d’autres fragrances florales qu’il n’identifiait pas, bien - qu’elles aussi - lui semblent familières.

           Piqué par la curiosité, il poussa sur ses mains pour se redresser et pouvoir ainsi la voir tout entière mais suspendit son geste, gardant les yeux baissés sur les ongles irisés comme des coquillages, soudain étreint par une étrange et incompréhensible impression : celle d’être brutalement devenu maître de son propre destin, d’être passé du rôle passif de simple spectateur, à celui  d’acteur…

par orejona
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